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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Théodelinde. La couronne de fer a toujours été déposée dans le trésordu monaftère de Saint-J ean-Baptifte, à Monza(i). C’eft là qu’en 774 Charle-magne la reçut du pape Adrien I er . En elle fut portée à Rome pour
le couronnement de Frédéric IV; en i53o, à Bologne pour celui de CharlesQuint; & enfin le 26 mai i8o5, à Milan pour Napoléon, qui réunit la cou-ronne de fer à la couronne impériale. « Dio me la diede, gnai a chi latocca (2) ! » dit-il en la mettant lui-même sur sa tête en présence de tous lescorps de l’État & des députés de toutes les puissances alliées, émus del’énergie significative de son accent. Douze siècles auparavant, Agilulfavait prononcé les mêmes paroles.
Le 5 juin suivant, l’Empereur fonda Y ordre de la Couronne de Fer,delliné à récompenser le mérite, &, comme le dit le texte du titre VIII dutroisième ftatut confiitutionnel du royaume d’Italie :
« Afin d’assurer, par des témoignages d’honneur, une digne récompenseaux sacrifices rendus à la couronne, tant dans la carrière des armes quedans celle de l’adminifiration, de la magifirature, des lettres & des arts. »
Cet ordre, dans le principe composé de cinq cents chevaliers, cent com-mandeurs & vingt dignitaires, a été augmenté depuis de 'quinze digni-taires, cinquante commandeurs & trois cents chevaliers, par décret du19 décembre i8o5.
« Les rois d’Italie sont grands maîtres de l’ordre.
« Néanmoins l’empereur & roi Napoléon, en sa qualité de fondateur, enconserve, sa vie durant, le titre & les fondions, dont ils ne jouiront qu’a-près lui.
« Deux cents places de chevaliers, vingt-cinq de commandeurs & cinqde dignitaires sont afïeélées spécialement pour la première formation auxofficiers & soldats français qui ont pris une part glorieuse aux bataillesdont le succès a le plus contribué à la fondation du royaume.
« Les princes de la maison du grand maître, les princes des maisonsétrangères auxquels les décorations de l’ordre seront accordées ne sontpoint comptés dans ce nombre.
(1) Mon^a , très-grand & très-ancien bourg, avec le titre de comté, près de Milan,sur la rivière du Lambro.
(2) « ^Dieu me l’a donnée, malheur à qui la touche!
»