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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
LÉGION D’HONNEUR
ou
ORDRE IMPÉRIAL DE LA LÉGION D’HONNEUR.
(1802.)
L’hiftoire de la plupart des ordres de Chevalerie n’a plus, pour ainsi dire,maintenant qu’un intérêt rétrospectif. Il n’en eft pas de même de la Légiond’honneur. Rien n’eft plus aétuel & plus vivant.
Ce fut, assurément, une grande pensée qui présida à l’établissement decet ordre; la Légion d'honneur eft une « de ces grandes inffitutions queBonaparte jetait au milieu du désordre des éléments, comme des blocs degranit, pour servir de bases assurées à la société nouvelle (1). »
Ce fut surtout, comme pour bien d’autres choses de la même époque, unepensée de conciliation, ou plutôt d’amalgame entre le passé & l’avenir, quilui donna naissance. Comme il arrive toujours, les partisans de l’un & del’autre temps furent choqués, & encore aujourd’hui, si fortes que soient enFrance les racines de l’inftitution de la Légion d’honneur, la critique necesse de s’exercer sur ce sujet, & le principe même de l’ordre, l’établisse-ment de toute diftinétion extérieure, eft souvent mis en discussion (2).
Personne mieux que M. Thiers, dans son Hiftoire du Consulat & deVEmpire, n’a fait ressortir la pensée créatrice de la Légion d’honneur & n’aplus complètement & plus fidèlement résumé les raisons pour & contre quel’on ne manqua pas de produire dès la fondation de l'ordre. Avant d’entrerdans le détail du sujet, nous citerons les pages remarquables que cet hifto-rien y a consacrées.
(Avril 1802.) « Le premier Consul avait observé un fait singulier, & il
(1) Duruy, Hiftoire de France , t. II, p. 663 .
(2) On peut consulter le Moniteur de 1848 : Discours de M. Clément Thomas,général de la garde nationale de Paris.