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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Lazare à celui de Saint-Maurice, fondé en 1572 par le duc de SavoieEmmanuel-Philibert.
En 1607, Henri IV écrivit à son ambassadeur à Rome pour obtenir dupape Paul V l’érection de l’ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel & saconfirmation par autorité apoftolique. Le pape rendit alors une bulle, endate du 16 février 1607, par laquelle il donnait pouvoir au roi de Francede nommer le grand maître de cet ordre, lequel aurait la faculté decréer autant de chevaliers qu’il voudrait. Paul V permit à ces chevaliersde se marier, de convoler en secondes noces s’ils perdaient leur premièrefemme, & d’épouser même une veuve (1). Ils devaient faire vœu d’obéis-sance & de chafteté conjugale, & pouvaient obtenir des pensions sur toutessortes de bénéfices en France.
Une bulle du même pape, en date du mois de février de l’an 1608, pres-crivit aux chevaliers du Mont-Carmel de faire leur profession de foi avantd’être reçus dans l’ordre; de se confesser & de communier le jour de laprise d’habit; de porter sur leurs manteaux une croix de couleur tannée,au milieu de laquelle il y aurait l’image de la Vierge; de porter les armescontre les ennemis de l’Église lorsqu'ils en seraient requis par le Saint-Siège& le roi très-chrétien; de réciter tous les jours l’office de la Vierge ou sacouronne; d’entendre la messe les jours de fêtes & les samedis; des'abfienir de viande le mercredi; de s’assembler le 19 juillet pour célébrerla fête de Notre-Dame du Mont-Carmel; de se confesser & de communier.
En juillet 1608, Henri IV supprima la grande maîtrise de l’ordre de Saint-Lazare (2) & unit toutes les commanderies, prieurés & bénéfices de cetordre à celui de Notre-Dame du Mont-Carmel. Il nomma grand maîtrePhilbert, ou Philibert de Nereftang, gentilhomme de la chambre & mettre
(1) Le grand maître pouvait dispenser sur l’âge, sur la naissance, & même sur labigamie. (Voir Mémoires, règles & Jlatuts, etc. Lyon, 1649.)
(2) C’eflce que disent Hélyot [Hijl. de tous les ordres. Paris, 8 vol. in 4°; 1714-1719.)& Honoré de Sainte-Marie [Dissertations sur la Chevalerie, Paris, 1718). Mais Gautierde Sihert cite un mandement, ou lettres patentes de ce prince, en date du 29 mai 1609,qui prouve qu’à cette époque la grande maîtrise de l’ordre de Saint-Lazare exiftait encore.Au fond, ce n’eft qu’une subtilité, puisque Philibert de Nereftang était à la fois grandmaître de l’ordre de Saint-Lazare & grand maître de l’ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel. (Voir YHiJloire des ordres royaux, hospitaliers, militaires, de Notre-Damedu Mont-Carmel & de Saint-Lazare de Jérusalem, par M. Gautier de Sibert,2 vol. in-12; Paris, 1772.)