ORDRE DU PORC-ÉPIC.
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Charles d’Orléans, prisonnier en Angleterre depuis la bataille d’Azincourt,et Marie de Clèves, nièce du duc de Bourgogne, épousait le duc d’Orléans.Parmi les réjouissances qui accompagnèrent la cérémonie du mariage, onvit une jeune fille, vêtue comme une sorte de nymphe, qui menait d’unemain un porc-épic & de l’autre un cygne, ayant au cou le collier de laToison d’or. Le duc d’Orléans conféra au duc de Bourgogne l’ordre duPorc-Épic, & reçut en échange celui de la Toison d’or.
Louis XII, à son avènement au trône en 1498, conserva quelquetemps l’ordre du Porc-Épic, puis finit par l’abolir. Il avait quelquefoisété donné à des femmes, spécialement le 8 mars 1488, à mademoiselle deMurat & à la femme de Potron de Saintrailles, grand sénéchal duLimousin.
L’ordre du Porc-Épic comprenait vingt-cinq chevaliers, qui devaientavoir quatre quartiers de noblesse. Leur habillement consiftait en unmanteau de velours violet, le chaperon & le mantelet d’hermine, & unechaîne d’or, au bout de laquelle pendait sur l’elfomac un porc-épic d’oravec cette devise : Cominus & eminus. (De près et de loin.)
Quant au nom d’ordre du Camail, il repose évidemment sur une confu-sion de mots & une orthographe vicieuse. Les uns disent qu’il vient dece que les chevaliers recevaient, lors de leur nomination, un anneau d’orgarni d’un camaïeu (qui s’appelait alors camail), sur lequel était représentéun porc-épic. Les autres parlent d’un camée.
Du temps de Schoonebeck (1) on voyait encore sur le frontispice dequelques maisons de Blois un porc-épic avec ces deux détefiables vers :
. « Spicula sunt humili pax hæc, sed bella superbe,
« Et salus ex noftro vulnere nexque venit. »
Aujourd’hui on a rétabli sur la porte principale du château de Bloisle porc-épic avec la llatue de Louis XII à cheval; le porc-épic remplacequatre vers médiocres d’un poète favori du roi, Faufto Andrelini, quiétaient inscrits en lettres d’or, sur une plaque de marbre noir, dans le sou-bassement de la niche. La date 1498, placée au bas des vers, était cellede l’avénement du roi.
(1) Schoonebeck, Hïji. des ordres de Chevalerie. Amfterdam, 1699; 2 vol. in-8.