164
HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
commandement du guet à Philippe de la Tour 8c en pourvut Jean deHarlay, qu'à cet effet il créa chevalier, en considération de sa vaillance,prouesse 8c prud’homie. — Celui-ci eut pour successeur son gendre, Jeanle Bouteiller de Senlis, qui, d’ancienne noblesse 8c chevalier, réunissait lesconditions de l’emploi.
C'eft sans doute par une interprétation inattentive du procès au sujetde Philippe de la Tour qu’on a écrit que Charles VII avait conféré aucommandant du guet de Paris le titre de chevalier, en lui abandonnantpour lui & ses archers la décoration de l’Étoile, 8c cela par mépris pourl’ordre. Ce qui paraît de toute invraisemblance.
Le fait eft qu’on 11e sait point à quelle époque remonte le droit du capi-taine du guet de prendre le titre de chevalier & de porter à la boutonnièrela décoration de l’Étoile. Ce ne peut être au plus tôt qu’après queLouis XI eut inftitué l’ordre de Saint-Michel (i er août 1469); ce monarque,ne voulant pas abolir l’ordre de l’Etoile, aura pu en conférer la décorationau capitaine du guet pour lui 8c ses successeurs, comme un signe diftinéïifauquel on devait reconnaître l’officier important chargé de veiller à lasûreté publique dans sa bonne ville de Paris.
Une ordonnance de Charles IX, rendue en l'année 1554, porte créationde l’office de chevalier du guet à Orléans, avec même puissance 8c mêmeautorité que celui de Paris, auquel office doit être pourvu un gentilhommeexpérimenté en fait d’armes 8c de conduite.
Ce titre de chevalier dut cesser sous le règne de Louis XV, dont uneordonnance supprima en 1735 la décoration de l’ordre de l’Etoile queportait le commandant du guet. Cette défense de porter la décoration del’ordre de l’Etoile produisit, comme nous l’avons vu, la proteftation encour du Parlement du marquis de Courbon-Blénac, dont l’ancêtre Arnaudde Courbon avait été pourvu par Charles V du pouvoir de porter pour lui& ses hoirs ladite décoration.
On ne voit point ce qui eft advenu de ce procès.
MONOGRAPHIE SPÉCIALE CONSULTÉE :
Dacier. — Mémoire sur Vordre de VEtoile (Recueil de l’Académie des Inscriptions8c Belles-Lettres, t. XXXIX, p. 662). — (Omis par Guigard.)