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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
guèrent successivement auprès des papes Boniface VIII & Clément V pourque les hospitaliers d’Aubrac leur fussent incorporés. Ils ne réussirent pasdans cette entreprise. L’ordre demeura toujours diftinôt & indépendant.Mais le relâchement de la règle, les abus de toutes sortes finirent par ledétruire. Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, fit, en i663, devains efforts pour réformer l’hôpital; son père, qui vint après lui, n’eutpas plus de succès, &, en 1697, Louis XIV supprima l’ordre.
Au temps de sa splendeur, la communauté comprenait cinq sortes depersonnes : des prêtres, pour le service divin & l’adminiflration des sacre-ments; des chevaliers , pour l’escorte des pèlerins & la défense de lamaison; des frères, clercs & laïques, pour le service de l’hôpital; desdonnés, pour le soin des fermes & la culture des terres; enfin des damesde qualité, hospitalières par procuration, qui avaient des servantes par• lesquelles elles faisaient laver les pieds des pauvres pèlerins, nettoyer leurshabits 8c faire leurs lits.
A l’époque de la suppression, l’ordre était réduit à vingt-deux hospita-liers & un seul chevalier; il n’y avait plus d’hospitalières. On assigna despensions à chacun d’eux.
Les chevaliers de l’ordre d’Aubrac portaient sur leur habit, au côtégauche, une croix de taffetas bleu, qui fut d’abord à trois pointes, puis àhuit. Les religieux étaient revêtus d’une soutane noire, avec la mêmecroix que les chevaliers; au chœur, ils avaient un ample manteau orné dela croix au côté gauche, & un bonnet carré.
Le chef de la communauté, qu’on appelait une dominerie , était un dom.
Le premier dom régulier fut Alard, le fondateur. Le premier domcommendataire fut Pierre d’Eftaing, vers 1477; il eut pour successeursimmédiats Jean & Antoine d’Eftaing. On trouve encore parmi les domseommendataires les cardinaux Georges d’Armagnac, François d’Escou-bleau de Sourdis, Jules Mazarin & Oclave de Bellegarde, archevêque deSens; Anne de Lévis, etc.
En 1697, l’établissement d’Aubrac fut donné aux chanoines réguliersde la réforme de Chancellade. Au dix-huitième siècle, le supérieur dumonaftère jouissait d’un revenu de quarante mille livres de rente, &chacun des religieux avait pour sa part quinze mille livres.
C’eft ainsi qu’ils entendaient la charité... à leur profit.