TOURNOIS DE CHEVALERIE. 45
qui s’en fût servi. « Ung chevalier ne pouvoit avoir plus grand blâme quede monter sus jument (i). »
La tête & le cou du cheval trouvèrent sous le chanfrein & la cervicaleune sûreté contre les coups de taille & d’eftoc. L’encolure était protégéepar plusieurs lames de fer qui prenaient la forme de cette partie du corps.Souvent il portait au front une longue pointe d’acier propre à blesser dansla rencontre le coursier ennemi. Le na^el ou mouflard cachait le nez. Legirel, formé d’une large plaque d’acier, environnait le poitrail, les épaulesdu cheval & se terminait des deux côtés aux bardes du derrière, sous lesjambes du cavalier; on le nomma aussi poitrail ou poitral. Enfin deslames de fer croisées, cintrées, ou en cuir de cerf & de buffle bouillirenforcé, défendaient les flancs, la croupe, la queue & les cuisses sous lesnoms de hanquois , pissière , & s’attachaient ainsi que le girel par desfermails, fermoirs ou agrafes enrichis d’or, d’argent & même de pierresprécieuses (2).
Les tournois ou « combats des Français, » comme les appelle MathieuParis, furent inftitués pour exercer les jeunes gentilshommes; c’eft pourcela qu’ils sont nommés par Thomas Walsingham ludi militares, par Rogerde Howeden militaria exercitia, par Guillaume de Neubourg meditationesmilitares, armorum exercitia , belliprœludia. — « Ces exercices militaires,dit du Cange dans sa savante dissertation, ont été en usage parmi les pre-miers Français; Nithard rapporte qu’ils étaient connus sous la seconde race,& décrivant l’entrevue de Louis le Germanique & de Charles le Chauve, àStrasbourg, il raconte qu’outre les marques d’une amitié réciproque, ils*ajoutèrent, pour rendre cette assemblée plus solennelle, des combats àcheval entre les gentilshommes de la suite des princes pour donner despreuves de leur adresse dans le maniement des armes. »
Geoffroy, seigneur de Prenilly, qui vivait en 1060, eft regardé comme lepremier qui ait dressé les lois & règles des tournois & qui par là en rendit lapratique plus fréquente.
Philippe de Valois a publié plusieurs lois & ordonnances touchant lestournois. Il a spécifié particulièrement les personnes qui devaient en êtreexclues.
(1) Roman de Perceforelh
(2) Carre, La Panoplie. Paris, 1795; in-4 0 .