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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
de valeur personnelle. Le Chevalier qui tuait un ennemi en combat singu-lier & le dépouillait gagnait le drapeau; s’il le blessait seulement, il n’avaitque la hafte pure. Ces drapeaux, semblables à ceux des cohortes, étaient dedeux couleurs : écarlate & pourpre, & pour une vidoire navale, bleude mer.
Le Bracelet était un petit cercle qui se portait autour du poignet. D’abordsimple ornement militaire, il finit par devenir une marque de valeur ; il étaitd’argent & ne se donnait qu’aux légionnaires.
Les Cornicules (i) naquirent du désir que l’on avait de multiplier lesrécompenses militaires. C’était, pour les cavaliers, un ornement consiftanten aigrettes longues qui se mettaient aux côtés du casque, au-dessus del’oreille.
DISTRIBUTION DES RECOMPENSES.
La couronne civique était remise au libérateur par le citoyen même qu’ilavait sauvé ( 2 ) ; cela se passait en présence du général & de toute l’arméeréunie. Celui qui remettait la couronne de chêne prenait l’engagement detémoigner à son sauveur le même respect qu’à un père (3).
Les récompenses militaires de second ordre étaient diffribuées par legénéral après le combat ; il se faisait présenter, devant l’armée assemblée,ceux qui s’étaient diftingués : « Puisque vous vous êtes fait remarquer,leur disait-il, à la guerre, dans les exploits militaires, je vous décerne tellerécompense. »
Il serait assez difficile de marquer l’époque précise de l’origine de toutesces récompenses ; il paraît certain, néanmoins, qu’elles ne datent que dequelques siècles après la fondation de Rome. Dans les premiers temps dela République, la plus grande récompense accordée à un général ou à unvaillant citoyen consiftait à lui oéîroyer autant de terre qu’un homme enpeut labourer dans un jour. Ce fut la récompense d’Horatius Codés pour
(1) Petites cornes, aigrettes.
(2) Cicéron,, In Verrem, III, 88.
( 3 ) Polybe, VI, 7.