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ESTHER.
De tout conseil barbare et mensonger.
UNE AUTRE.
Ainsi puisse sous toi trembler la terre entière!
Ainsi puisse à jamais contre tes ennemisLe bruit île ta valeur te servir de barrière!
S’ils t’attaquent, qu’ils soient en un moment soumis ;
Que de ton bras la force les renverse ;
Que de ton nom la terreur les disperse :
Que tout leur camp nombreux soit devant tes soldatsComme d’enfants une troupe inutile ;
Et si par un cliemin il entre en tes États,
Qu’il en sorte par plus de mille.
SCÈNE IV.
ASSUÉRUS, ESTIIER, AMAN, ÉLISE, LE CHŒUR.ASSUÉRUS, à Esther.
Oui, vos moindres discours ont des grâces secrètes :
Une noble pudeur à tout ce que vous faitesDonne un prix que n’ont point ni la pourpre ni l’or.
Quel climat renfermait un si rare trésor?
Dans quel sein vertueux avez-vous pris naissance ?
Et quelle main si sage éleva votre enfance?
Mais dites promptement ce que vous demandez :
Tous vos désirs, Esther, vous seront accordés ;
Dussiez-vous, je l’ai dit, et veux bien le redire,
Demander la moitié de ce puissant empire.
ESTHER.
Je ne m’égare point dans ces vastes désirs.
Mais puisqu’il faut enfin expliquer mes soupirs,
Puisque mon roi lui-môme à parler me convie,
(Elle se jette aux pieds du roi.)
J’ose vous implorer, et pour ma propre vie,
El pour les tristes jours d’un peuple infortunéQu’à périr avec moi vous avez condamné.
ASSUÉRUS, la relevant.
A périr ! Vous! Quel peuple? Et quel est ce mystère?
AMAN, à part.
Je tremble.
F.STnER.
Eslber, seigneur, eut un Juif pour son père ;