Druckschrift 
Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
580
Einzelbild herunterladen
 

580

ESTHER.

ESTHEll.

Suis-moi, Tliamar. Et vous, troupe jeune et timide,

Sans craindre ici les yeux d’une profane cour,

A l’abri de ce trône attendez mon retour.

SCÈNE IX.

Cette 6ccne est partie déclamée et partie chaotée.ÉLISE, UNE PARTIE DU CHŒUR.

ÉLISE.

Que vous semble, mes sœurs, de l’état où nous sommes ?D’Estlier, d’Aman, qui le doit emporter?

Est-ce Dieu, sont-ce les hommes,

Dont les œuvres vont éclater?

Vous avez vu quelle ardente colèreAllumait de ce roi le visage sévère.

UNE ISMAÉLITE.

Des éclairs de ses yeux l’œil était ébloui.

UNE AUTRE.

Et sa voix m’a paru comme un tonnerre horrible.

ÉLISE.

Comment ce courroux si terribleEn un moment s’est-il évanoui?

UNE ISRAÉLITE chante.

Un moment a changé ce courage inflexible :

Le lion rugissant est un agneau paisible.

Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœurCet esprir de douceur.

LE CHOEUR chante.

Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœurCet esprit de douceur.

LA MÊME ISRAÉLITE chante.

Tel qu’un ruisseau docileObéit à la main qui détourne son cours,

Et, laissant de ses eaux partager le secoure,

Va rendre tout un champ fertile :

Dieu, de nos volontés arbitre souverain,

Le cœur des rois est ainsi dans ta main.

ÉLISE.

Ali ! que je crains, mes sœurs, les funestes nuages