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Théâtre complet de J. Racine
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PROLOGUE.

Sut les yeux les plus saints a jeté ses ténèbresLui seul invariable, et fondé sur la foi,

Ne cherche, ne regarde, et nécoute que toi,

Et, bravant du démon limpuissant artifice,

De la religion soutient tout lcdifice.

Grand Dieu, juge ta cause, et déploie aujourdhuiCe bras, ce même bras qui combattait pour lui,Lorsque des nations à sa perte animéesLe Rhin vit tant de fois disperser les armées.

Des mêmes ennemis je reconnais lorgueil ;

Ils viennent se briser contre le même écueil :

Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières,

Du débris de leurs forts il couvre ses frontières.

Tu lui donnes un fils prompt à le seconder,

Qui sait combattre, plaire, obéir, commander;

Un fils qui, comme lui suivi de la victoire,

Semble à gagner son cœur borner toute sa gloire;

Un fils à tous ses vœux avec amour soumis,

Léternel désespoir de tous ses ennemis :

Pareil à ces esprits que ta justice envoie,

Quand son roi lui dit, Pars, il sélance avec joie,

Du tonnerre vengeur sen va tout embraser,

Et, tranquille, à ses pieds revient ie déposer.

Mais, tandis quun grand roi venge ainsi mes injures,Vous qui goûtez ici des délices si pures,

Sil permet à son cœur un moment de repos,

A vos jeux innocents appelez ce héros ;lîetracez-lui dEsther lhistoire glorieuse,

Et sur limpiété la foi victorieuse.

Et vous, qui vous plaisez aux folles passionsQuallument dans vos cœurs les vaines fictions,Profanes amateurs d£ spectacles frivoles,

Dont loreille sennuie au son de mes paroles,

Euyez de mes plaisirs la sainte austérité :

Tout respire ici Dieu, la paix, la vérité.