556
PROLOGUE.
Sut les yeux les plus saints a jeté ses ténèbresLui seul invariable, et fondé sur la foi,
Ne cherche, ne regarde, et n’écoute que toi,
Et, bravant du démon l’impuissant artifice,
De la religion soutient tout l’cdifice.
Grand Dieu, juge ta cause, et déploie aujourd’huiCe bras, ce même bras qui combattait pour lui,Lorsque des nations à sa perte animéesLe Rhin vit tant de fois disperser les armées.
Des mêmes ennemis je reconnais l’orgueil ;
Ils viennent se briser contre le même écueil :
Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières,
Du débris de leurs forts il couvre ses frontières.
Tu lui donnes un fils prompt à le seconder,
Qui sait combattre, plaire, obéir, commander;
Un fils qui, comme lui suivi de la victoire,
Semble à gagner son cœur borner toute sa gloire;
Un fils à tous ses vœux avec amour soumis,
L’éternel désespoir de tous ses ennemis :
Pareil à ces esprits que ta justice envoie,
Quand son roi lui dit, Pars, il s’élance avec joie,
Du tonnerre vengeur s’en va tout embraser,
Et, tranquille, à ses pieds revient ie déposer.
Mais, tandis qu’un grand roi venge ainsi mes injures,Vous qui goûtez ici des délices si pures,
S’il permet à son cœur un moment de repos,
A vos jeux innocents appelez ce héros ;lîetracez-lui d’Esther l’histoire glorieuse,
Et sur l’impiété la foi victorieuse.
Et vous, qui vous plaisez aux folles passionsQu’allument dans vos cœurs les vaines fictions,Profanes amateurs d£ spectacles frivoles,
Dont l’oreille s’ennuie au son de mes paroles,
Euyez de mes plaisirs la sainte austérité :
Tout respire ici Dieu, la paix, la vérité.