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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
544
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PHÈDRE.

5'ii

AH1C1E.

Hélas ! quun tel exil, seigneur, me serait cher !

Dans quels ravissements, à votre sort liée,

Du reste des mortels je vivrais oubliée !

Mais, nétant point unis par un lien si doux,

Me puis-je avec honneur dérober avec vous ?

Je sais que, sans blesser lhonneur le plus sévère ,

Je me puis affranchir des mains de votre père :

Ce nest point marracher du sein de mes parents ;

Et la fuite est permise à qui fuit ses tyrans.

Mais vous maimez, seigneur ; et ma gloire alarmée..

IIIPPOLVTE.

Non, non ; jai trop de soin de votre renommée :

Un plus noble dessein mamène devant vous.

Fuyez vos ennemis, et suivez votre époux,libres dans nos malheurs, puisque le ciel lordonne,le don de notre foi ne dépend de personne :lhymen nest point toujours entouré de flambeaux.Aux portes de Trézène, et parmi ces tombeaux,

Des princes de ma race antiques sépultures,

Est un temple sacré, formidable aux parjures :

Cest que les mortels nosent jurer en vain ;le perfide y reçoit un châtiment soudain ;

Et , craignant dy trouver la mort inévitable,

Le mensonge na point de frein plus redoutable.

, si vous men croyez, dun amour éternelNous irons confirmer le serment solennel.

Nous prendrons à témoin le dieu quon y révère :Nous le prierons tous deux de nous servir de père.Des dieux les plus sacrés jattesterai le nom ;

Et la chaste Diane, etlauguste Junon;

Et tous les dieux enfin, témoins de mes tendresses,Garantiront la foi de mes saintes promesses.

AIUCIE*

Le roi vient. Fuyez, prince, et partez promptementPour cacher mon départ je demeure un moment.Allez ; et laissez-moi quelque fidèle guideQui conduise vers vous ma démarche timide.