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Théâtre complet de J. Racine
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PHÈDRE.

Ainsi donc jusquau bout tu veux mempoisonner.Malheureuse ! Voilà comme tu mas perdue.

Au jour que je fuyais cest toi qui mas rendue ;

Tes prières mont toit oublier mon devoir :

Jévitais Ilippolyte; et tu me las fait voir.

De quoi te chargeais-tu? Pourquoi ta bouche impieA-t-elle, en laccusant, osé noircir sa vie?

11 en mourra peut-être, et dun père insenséLe sacrilège vœu peut-être est exaucé.

Je ne técoute plus. Va-ten, monstre exécrable;Va, laisse-moi le soin de mon sort déplorable.Puisse le juste ciel dignement te payer?

Et puisse ton supplice à jamais effrayerTous ceux qui, comme toi, par de lâches adresses,Des princes malheureux nourrissent les faiblesses,Les poussent au penchant leur cœur est enclin,Et leur osent du crime aplanir le chemin !Détestables flatteurs, présent le plus funesteQue puisse faire aux rois la colère céleste !

OENONE, seule.

Ah dieux! pour la servir jai tout fait, tout quitté;Et jen reçois ce prix! Je lai bien mérité.

ACTE CINQUIÈME.

SCENE I.

HIPPOLYTE, ARICIE, ISMÈNE.

ARICIE.

Quoi ! vous pouvez vous taire en ce péril extrême?Vous laissez dans lerreur un père qui vous aime?Cruel ! si, de mes pleurs méprisant le pouvoir,Vous consentez sans peine à ne me plus revoir,Partez ; séparez-vous de la triste A rici e : i

Mais du moins en partant assurez votre vie ;Défendez votre honneur dun reproche honteux;

Et forcez votre père à révoquer ses vœux :

11 en est temps encor. Pourquoi, par quel caprice