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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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523
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ACTE II, SCÈNE VI.

Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,

Je te venais prier fie ne le point haïr :

Faibles projets d’un cœur trop plein fie ce qu’il aime !

Hélas! je ne t’ai pu parler que de toi-même!

Yenge-toi, punis-moi fi’un odieux amour :

Digne fils du héros qui t’a donné le jour,

Délivre l’univers fi’un monstre qui t’irrite.

La veuve de Thésée ose aimer Hippolyle !

Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper :Voilà mon coeur, c’est là que la main doit frapper.Impatient déjà d’expier son offense-jAu-devant de ton bras je le sens qui s’avance.

Frappe ; ou, si tu le crois indigne de tes coups,

Si ta haine m’envie un supplice si doux,

Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,

An défaut de ton bras prête-moi Ion épée;

Donne.

OESOXE.

Que faites-vous, madame! Justes dieux.!

Mais on vient : évitez des témoins odieux.

Venez, rentrez; fuyez une honte certaine.

SCÈNE VI.

HIPPOLYTE, THÉRAMÈNE.

TIll'atAJliiNT.

Est-ce Phèdre qui fuit, ou plutôt qu’on entraîne?Pourquoi, seigneur, pourquoi ces marques de douleur?

Je vous vois sans épée, interdit, sans couleur.

UM'POLYTE.

Théramène, fuyons. Ma surprise est extrême :

Je ne puis sans horreur me regarder moi-même.

Phèdre... Mais non, grands dieux ! qu’en un profond oubliCet horrible secret demeure enseveli.

TIlÉn.UIÈNE.

Si vous voulez partir, la voile est préparée :

Mais Athènes, seigneur, s’est déjà déclarée;

Ses chefs ont pris les voix de toutes ses tribus;

Votre frère l'emporte, et Phèdre a le dessus.

ÏIIPPOLYTE.

Phèdre ?