ACTE 111, SCÈNE VII.
Mais, de grâce, parmi tant de sujets de joie,Bépondez-moi, comment pouvez-vous expliquerCe chagrin qu’en sortant il rn’a fait remarquer ?
ATALIDE.
Madame, ce chagrin n’a point frappé ma vue.
Il m’a de vos bontés longtemps entretenue;
Il en était tout plein quand je l’ai rencontré :
J’ai cru le voir sortir tel qu’il était entré.
Mais, madame, après tout, faut-il être surpriseQue, tout prêt d’achever cette grande entreprise,Bajazet s’inquiète, et qu’il laisse échapperQuelque marque des soins qui doivent l’occuper?
nOXANE.
Je vois qu’à l’excuser votre adresse est extrême :Vous parlez mieux pour lui qu’il ne parle lui-même.
ATALIDE.
Et quel autre intérêt...
IlOXANE.
Madame, c’est assez :
Je conçois vos raisons mieux que vous ne pensez.Laissez-moi : j’ai besoin d’un peu de solitude.
Ce jour me jette aussi dans quelque inquiétude.
J’ai, comme Bajazet, mon chagrin et mes soins;
Et je veux un moment y penser sans témoins.
SCÈNE VU.
l!OX ANE.
De tout ce que je vois que faut-il que je pense?Tous deux à me tromper sont-ils d’intelligence ?Pourquoi ce changement, ce discours, ce départ?N’ai-je pas même entre eux surpris quelque regard ?Bajazet interdit! Atalide étonnée!
O ciel, à cet affront m’auriez-vous condamnée ?
De mon aveugle amour seraient-ce laies fruits?Tant de jours douloureux,'tant d’inquiètes nuits,Mes brigues, mes complots, ma trahison fatale,N’aurais-je tout tenté que pour une rivale ?
Mais peut-être qu’aussi, trop prompte à m’aflligerJ’observe de trop près un chagrin passager ;
J’impute à son amour l’effet de son caprice.
I1ACINE. ai