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Théâtre complet de J. Racine
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ACTE III, SCÈNE IV.

Quand mes larmes en vain tâchaient de l’émouvoir ;Quand je m’applaudissais de leur peu de pouvoir ;Croyais-tu que son cœur, contre toute apparence,Pour la persuader trouvât tant d’éloquence?

Ah! peut-être, après tout, que, sans trop se forcer,Tout ce qu’il a pu dire, il a pu le penser :

Peut-être en la voyant, plus sensible pour elle,

Il a vu dans ses yeux quelque grâce nouvelle :

Elle aura devant lui fait parler ses douleurs;

Elle l’aime; un empire autorise ses pleurs :

Tant d’amour touche enfin une âme généreuse.Hélas ! que de raisons contre une malheureuse !

ZAÏRE.

Mais ce succès, madame, est encore incertain.Attendez.

ATALIDE.

Non, vois-tu, je le nierais en vain.

Je ne prends point plaisir à croître ma misère ;

Je sais pour se sauver tout ce qu’il a dû faire.

Quand mes pleurs vers Roxane ont rappelé ses pas,Je n’ai point prétendu qu’il ne m’obéît pas :

Mais après les adieux que je venais d’entendre,Après tous les transports d’une douleur si tendre,Je sais qu’il n’a point dû lui faire remarquerLa joie et les transports qu’on vient de m’expliquer.Toi-même juge-nous, et vois si je m’abuse.Pourquoi de ce conseil moi seule suis-je excluse?

Au sort.de Bajazet ai-je si peu de part?

A me chercher lui-même attendrait-il si tard,N’était que de son coeur le trop juste reprocheLui fait peut-être, hélas! éviter cette approche?Mais non, je lui veux bien épargner ce souci :

Il ne me verra plus.

ZAÏRE.

Madame, le voici.

SCÈNE IY.

BAJAZET, ATALIDE, ZAÏRE.

BAJAZET.

C’en est fait, J’ai parlé, vous êtes obéie.