BÉRÉNICE.
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Et pût mettre à mes pieds plus d’empires que toi ;Que de sceptres sans nombre il pût payer ma flamme ;Que ton amour n’eût rien à donner que ton Ame !C’est alors, cher Titus, qu’aimé, victorieux,
Tu verrais de quel prix ton cœur est à mes yeux.Allons, Phénice ; un mot pourra le satisfaire.Rassurons-nous, mon cœur, je puis encor lui plaire ;Je me comptais trop tôt au rang des malheureux :
Si Titus est jaloux, Titus est amoureux.
ACTE TROISIEME.
SCÈNE I.
TITUS, ANTIOCHUS, ARSACE.
TITUS.
Quoi ! prince, vous partiez ! quelle raison subitePresse votre départ, ou plutôt votre fuite?Vouliez-vous me cacher jusques à vos adieux?
Est-ce comme ennemi que vous quittez ces lieux ?
Que diront, avec moi, la cour, Rome, l’empire?
Mais, comme votre ami, que ne puis-je point dire ?
De quoi m’accusez-vous? Vous avais-je sans choixConfondu jusqu’ici dans la foule des rois?
Mon cœur vous fut ouvert tant qu’a vécu mon père;C’était le seul présent que je pouvais vous faire :
Et lorsqu’avec mon cœur ma main peut s’épancher,Vous fuyez mes bienfaits, tout prêts à vous chercher!Pensez-vous qu’oubliant ma fortune passéeSur ma seule grandeur j’arrête ma pensée,
Et que tous mes amis s’y présentent de loinComme autant d’inconnus dont je n’ai plus besoin?Vous-même à mes regards qui vouliez vous soustraire,Prince, plus que jamais vous m’êtes nécessaire,
ANTIOCHUS.
Moi, seigneur?
Vous.
TITUS.