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Théâtre complet de J. Racine
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241
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ACTE III, SCÈNE IV. 241

Par vous-même aujourdhui ne peut être affaiblie;

Et, sil mécoute encor, madame, sa bontéVous en fera bientôt perdre la volonté.

Jai commencé, je vais poursuivre mon ouvrage.

SCÈNE IV.

AGRIPPINE, ALBINE.

ALDINE.

Bans quel emportement la douleur vous engage,

Madame! Lempereur puisse-t-il lignorer!

AGRIPPINE.

Ab ! lui-même à mes yeux puisse-t-il se montrer !

ALBINE.

Madame, au nom des dieux, cachez votre colère.

Quoi ! pour les intérêts de la sœur ou du frère,

Faut-il sacrifier le repos de vos jours ?

Contraindrez-vous César jusque dans ses amours?

AGRIPPINE.

Quoi! lu ne vois donc pas jusqu lon inc ravale,

Albine ? Cest à moi quon donne une rivale.

Bientôt, si je ne romps ce funeste lien,

Ma place est occupée, et je ne suis plus rien.

Jusquici dun vain titre Octavie honorée,

Inutile à la cour, en était ignorée :

Les grâces, les honneurs par moi seule versés,

Mattiraient des mortels les vœux intéresses.

Une autre de César a surpris la tendresse;

Elle aura le pouvoir dépouse et de maîtresse ;

Le fruit de tant de soins, la pompe des Césars,

Tout deviendra le prix dun seul de ses regards.

Que dis-je? Ton mévite, et, déjà délaissée...

Ah ! je ne puis, Albine, en souffrir la pensée.

Quand je devrais du ciel hâter larrêt fatal,

Néron, lingrat Néron... Mais voici son rival.

SCÈNE V.

BR1TANNICUS , AGRIPPINE, NARCISSE, ALBINE.

DRITANNICUS.

Nos ennemis communs ne sont pas invincibles,

Madame; nos malheurs trouvent des cœurs sensibles :

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