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ANDROMAQUE.
SCÈNE IV.
HERMIONE,CLÉONE.
CLÉONE.
Vous vous perdez, madame; et vous devez songer...
HERMIONE.
Que je me perde ou non, je songe à me venger.
Je ne sais même encor, quoi qu’il m’ait pu promettre,Sur d’autres que sur moi si je dois m’en remettre :Pyrrhus n’est pas coupable à ses yeux comme aux miensEt je tiendrais mes coups bien plus sûrs que les siens.Quel plaisir de venger moi-même mon injure,
De retirer mon bras teint du sang du parjure,
Et, pour rendre sa peine et mes plaisirs plus grands,
De cacher ma rivale à ses regards mourants !
Ali ! si du moins Oreste, en punissant son crime,
Lui laissait le regret de mourir ma victime !
Va le trouver : dis-Iui qu’il apprenne à l’ingratQu’on l’immole à ma haine, et non pas à l’Éta*.
Chère Cléone, cours : ma vengeance est perdue,
S’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue.
CLÉONE.
Je vous obéirai. Mais qu’est-ce que je voi?
Oh dieux ! qui l’aurait cru, madame ? c’est le roi !
HERMIONE.
Ah ! cours après Oreste ; et dis-lui, ma Cléone,
Qu’il n’entreprenne rien sans revoir llermione.
SCÈNE V.
PYRRHUS, HERMIONE, PHOENIX.pyrriius.
Vous ne m’attendiez pas, madame ; et je vois bienQue mon abord ici trouble votre entretien.
Je ne viens point, armé d’un indigne artifice,
D’un voile d’équité couvrir mon injustice :
11 suffit que mon cœur me condamne tout bas;
Et je soutiendrais mal ce que je ne crois pas.J’épouse une Troyenne; oui, madame : et j’avoue