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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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139
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131 )

AC'JT: III, SCÈNE VI.

ANDROMAQUE.

Vous qui braviez pour moi tant de périls divers !

PYRRHUS.

J’étais aveugle alors; mes yeux se sont ouverts.

Sa grâce à vos désirs pouvait être accordée ;

Mais vous ne l’avez pas seulement demandée.

C’en est fait.

ANDROMAQUE.

Ali seigneur! vous entendiez assezDes soupirs qui craignaient de se voir repoussés.Pardonnez à l’éclat d’une illustre fortuneCe reste de fierté qui craint d’étre importune.

Vous ne l’ignorez pas ; Andromaque, sans vous ,C’aurait jamais d’un maître embrassé les genoux.

PYRRHUS.

Non, vous me haïssez; et dans le fond de l’AmeVous craignez de devoir quelque chose à ma flamme.Ce fils même, ce fils, l’objet de tant de soins,

Si je l’avais sauvé, vous l’en aimeriez moins.

La haine, le mépris, contre moi tout s’assemble ;Vous me haïssez plus que tous les Grecs ensemble.Jouissez à loisir d’un si noble courroux.

Allons, Piiœnix.

ANDROMAQUE.

Allons rejoindre mon époux.

CÉPI11SE.

Madame...

ANDROMAQUE, à Ccphise.

Et que veux-tu que je lui dise encore?Auteur de tous mes maux, crois-tu qu’il les ignorer(à Pyrrhus.)

Seigneur, voyez l’état où vous me réduisez :

J ’ai vu mon père mort et nos murs embrasés ;

J’ai vu trancher les jours de ma famille entière,

Et mon époux sanglant traîné sur la poussière,

Son fils, seul avec moi, réserv'épour les fers :f Mais que ne peut un fds ! je respire, je sers.

J’ai fait plus; je me suis quelquefois consoléeQu’ici plutôt qu’ailleurs le sort m’eftt exilée ;Qu’heureux dans son malheur le fils de tant de rois,Puisqu’il devait servir, fût tombé sous vos lois :