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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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127
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ACTE II, SCÈNE JII.

ORESTË.

Madame, faites plus, et venez-y vous-même.Voulez-vous demeurer pour otage en ces lieux ?Venez dans tous les coeurs faire parler vos yeux.Faisons de notre haine une commune attaque.

HERMIONE.

Mais, seigneur, cependant sil épouse Andromaque?

ORESTE.

lié madame I

HERMIONE.

Songez quelle honte pour nousSi dune Phrygienne il devenait lépoux !

ORESTE.

Et vous le haïssez! Avouez-le, madame,

Eamour nest pas un feu quon renferme en une âmeTout nous trahit, la voix, le silence, les yeux ;

Et les feux mal couverts nen éclatent que mieux.

HERMIONE.

Seigneur, je le vois bien, votre âme prévenueRépand sur mes discours le venin qui la tue,Toujours dans mes raisons cherche quelque détour,Et croit quen moi la haine est un effort damour.

11 faut donc mexpliquer : vous agirez ensuite.

Vous savez quen ces lieux mon devoir ma conduiteMon devoir my retient; et je nen puis partirQue mon père, ou Pyrrhus, ne men fasse sortir.

De la part de mon père allez lui faire entendreQue lennemi des Grecs ne peut être son gendre :

Du Troyen ou de moi faites-le décider ;

Quil songe qui des deux il veut rendre ou garder :Enfin, quil me renvoie, ou bien quil vous le livre.Adieu. Sil y consent, je suis prête à vous suivre.

SCÈNE III.

ORESTE.

Oui, oui, vous me suivrez, nen doutez nullement ;Je vous réponds déjà de son consentement.

Je ne crains pas enfin que Pyrrhus la retienne :

11 na devant les yeux que sa chère Troyenne;

Tout autre objet le blesse; et peut-être aujourd'hui