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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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41
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ACTE IA', SCÈNE il.

Ne crois pas que pour fui ma haine diminue;

Plus il approche, et plus il me semble odieux;

Et sans doute il faudra qu’elle éclate à ses yeux.J’aurais même regret qu’il me quittât l’empire :

Il faut, il faut qu’il fuie, et non qu’il se retire.

Je ne veux point, Créon, le haïr il moitié,

Et je crains son courroux moins que son amitié.

Je veux, pour donner cours à mon ardente haine,

Que sa fureur au moins autorise la mienne ;

Et pnisqu’enfm mon cœur ne saurait se trahir,

Je veux qu’il me déteste, afin de le haïr.

Tu verras que sa rage est encore la même,

Et que toujours son cœur aspire au diadème ;

Qu’il m’abhorre toujours, et veut toujours régner;

Et qu’on peut bien le vaincre, et non pas le gagner.

CRÉON.

Domptez-lc donc, seigneur, s’il demeure inflexible ;Quelque fier qu’il puisse être, il n’est pas invincible ;Et puisque la raison ne peut rien sur son cœur,Éprouvez ce que peut un bras toujours vainqueur.

Oui, quoique dans la paix je trouvasse des charmes,Je serai le premier à reprendre les armes ;

Et si je demandais qu’on en rompît le cours,

Je demande encor plus que vous régniez toujours.

Que la guerre s’enflamme et jamais ne finisse,

S’il faut, avec la paix, recevoir Polynice.

Qu’on ne nous vienne plus vanter un bien si doux;

La guerre et ses horreurs nous plaisent avec vous.

Tout le peuple thébain vous parle par ma bouche ;

Ne le soumettez pas à ce prince farouche :

Si la paix se peut faire, il la veut comme moi ;

Surtout, si vous l’aimez, conservez-lui son roi.Cependant écoutez le prince votre frère,

Et, s’il se peut, seigneur, cachez votre colère ;Peignez... Mais quelqu’un vient.

SCÈNE II.

ÉTÉOCLE, CRÉON .-VITALE.ïtriioccE.

Sont-ils bien près d’ici

Vont-ils venir, Attale?