DE CHEVALERIE. II
lui en fait, il entend des choses qui le font fré-mir; ses propresvaisseaux ne sont point épargnés;des navires chargés de trésors appartenant à sesprincipaux officiers ont été enlevés ; bientôt peut-être ils viendront le braver lui - même sous lesmurs de son palais. A ces récits, son orgueils’indigne; et, dans sa fureur, il jure d’exter-miner l’Ordre, et d’ensevelir Malte dans lesflots. Mais cette fois, sa fureur sera vaine , etMalte sera l’écueil où viendront se briser les ef-forts de cette puissance qui sembloit devoir toutengloutir.
En effet, au mois de mai i565 , les Turcs pa-rurent devant cette île avec cent cinquante-huitgalères , onze grands navires, douze autres bâti—mens et cent mille combattans. L’attaque futvigoureuse, et la défense le fut plus encore. LaValette-Parisot, alors grand-maître, se montrale digne émule des d’Aubusson et des l’Ile-Adam;mais plus heureux que ce dernier, et d’ailleurssecouru à propos par le vice-roi de Sicile , iltriompha. Les infidèles perdirent plus de vingtmille hommes , et après avoir tiré inutilementplus de soixante-dix-huit mille coups de canon,ils furent enfin contraints de se retirer.
C’est après ce siège mémorable que le grand-maître La Valette posa la première pierre delà