DE CHEVALERIE.
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elle n’eût pas été trahie par l’un des siens, Andréd’Amaral, portugais de nation, et prieur de Cas-tille. A la vérité ce d’Amaral fut décapité le 3o oc-tobre de la même année ; mais sa trahison eut soneffet. Tous les moyens épuisés, la ville se renditle décembre suivant, et les Turcs y entrèrentaprès avoir perdu plus de cent mille des leurs :ils n’y trouvèrent que des monceaux de ruines,et une poignée de chevaliers, dont la plupartencore étoient blessés. Leur vengeance pouvoitéclater et détruire ces tristes restes ; mais ils semontrèrent magnanimes en celle occasion. Mal-gré la grandeur de leurs pertes, ils surent honorerune si belle défense , et plaindre une si grandevertu devenue si malheureuse. Leur admirationsurtout éclata à l’aspect de l’Ile-Adam; et l’onvit le fier Soliman s’incliner avec attendrissementdevant le vénérable vieillard : il le combla d’é-gards , et mit à sa disposition tous les secoursdont il put supposer qu’il avoit besoin ; il futmême jusqu’à lui faire en particulier les offresles plus séduisantes ; mais , tout en se montrantsensible à tant de générosité , l’IIe — Adam resta,fidèle à sa conscience.
Ce grand homme réunit les débris de sonordre, et se met avec eux sur quelques vais 1 -seaux ; puis il va d’ils en île, de royaume en