464 AMUSEMENS PHILOLOGIQUES,
quelle époque remontent les expériencessurlatrans*piration insensible ; mais les plus nombreuses et lesplus certaines sont celles qu’a faites Sanctorius ,célèbre médecin italien, qui a vécu de i56i à i636.Il se meltoit dans une balance après avoir pesé lesalimens qu’il prenoit, et par ce moyen répété tousles jours , il tâchoit de parvenir à déterminer lepoids et la quantité de la transpiration insensible.Il a reconnu que l’on perd plus dans un jour par latranspiration, que l’on ne fait en quinze par les au-tres évacuations : et que si les alimens et la boissond’un jour pèsent 8 livres , la transpiration mon-tera jusqu’à 5, et on ne rendra que 3 livres par lesvoies ordinaires.
Si nous perdons beaucoup par la transpiration ,il arrive aussi que l’air et les vapeurs entrent dansnotre corps par les pores de la peau. Cardan parled’une femme dont les urines journalières pesoient2.7 livres, quoique tous ses alimens secs et liquidesn’en pesassent que
Denis Dodart, médecin de Louis XIV , a fait en1677 une expérience à la manière de Sanctorius. Ilse pesa le premier jour du carême, et se trouva dupoids de 116 livres et une once. Il fit ensuite le ca-rême , comme il a été observé dans l’Eglise jus-qu’au xn e siècle , ne buvant et ne mangeant quesur les 6 heures du soir ; le samedi de Pâques, il nepesoit plus que 107 livres 11 onces; c’est-à-dire ,que, par une vie si austère, il a voit perdu en 46 jourshuit liyres cinq onces , qui faisoient la 14 e partie