VARIÉTÉS. 219
phirs, de même l’aménité de votre auguste visagedissipe et change en rosée les légères vapeurs quicouvrent la majesté de votre front. »
L’amour de la patrie est une vertu ; mais pourmontrer qu’on la possède, il ne faut pas pousser sespreuves jusqu’au ridicule, comme l’ont fait certainssavans qui ont voulu exalter par des conjecturesfort singulières le pays qui les a vus naître ; j’en con-nois beaucoup, je me contenterai d’en citer unexemple.
Pierre le Loyer a publié un ouvrage intitulé :Edom ou les colonies iduméennes etc. 5 Paris, 1620z«-8.°; il prétend y prouver que les Angevins tirentleur origine d’Esaü ; que non-seulement les nomsdes villes de France, mais encore ceux des villagesd’Anjou, des hameaux, des maisons, des pièces deterres de la paroisse d’Huillé , lieu de sa naissance,viennent de la langue hébraïque et chaldaïque. Iltrouve dans cette paroisse les noms d’une infinitéd’Hébreux qu’il regardoit comme les ancêtres deshabitans du pays. Il met aussi à contribution Homère,qui, tout occupé sans doute de M. le Loyer, a ren-fermé dans un seul vers ses noms de baptême et defamille, ceux du village où il est né , du royaume etde la province où il a vu le jour. Cet heureux versest le i 83 e de l’Odyssée. En intervertissant l’ordredes lettres et des mots, on y trouve Petros Loeriosetc., c’est-à-dire Pierre le Loyer, Angevin, Gau-lois d’Huillé. Et comme il y a trois lettres qui restent