POÉTIQUE CURIEUSE.
Songe qu’à chaque pas ton peuple te contemple ;Chaque pas que tu fais doit lui servir d’exemple.
SANS C.
Des querelles des grands pâtissent les petits.
Les peuples sont-ils faits pour vivre en ennemis?
Dans vos tristes débats, tremblez, rois de la terre!
On égorge en vos noms, quand vous voulez la guerre.
SANS D.
A soulager son peuple, à prévenir ses maux,
Un prince vertueux consacre ses travaux ;
Il n’écoute jamais un funeste caprice,
Il fuit les passions , il abhorre le vice.
sans E.
Toi qu’on connoît par-tout, ô divin artisan !
Tu nous as tous soumis à la loi d’un tyran,
Tyran craint d’un chacun, qu’on baptisa la mokt.
Oui, mourir tôt ou tard, humain , voilà ton sort (i).
SANS F.
Mais cette horrible mort a pourtant quelques charmes,Quand jusqu’au désespoir on se voit tourmenté;
Souvent on la désire au milieu des alarmes,
Pour s’ouvrir une route à l’immortalité.
SANS G.
L’homme de bien la voit sans la fuir, ni la craindre;damais de son destin il ne pense à se plaindre.
Le suprême moment est pour lui le vrai portQui le met à l’abri des tempêtes du sort.
SANS H.
L’enfant rit de la mort, le vieillard la redoute;
La camarde aux reins secs n’en suit pas moins sa route ,Avec elle entraînant époux, femmes, enfans,Empereurs, papes, rois, prêtres, nobles, manans.
(1) La suppression de l’E a forcé de mettre quatre rimes mas-culines de suite.