POÉTIQUE CURIEUSE. 85
Omnia transibunt, nos ibimus, ibitis, ibunt,
Iguari, gnari, conditione pari.
Et celui-ci :
Vulpes amat fraudcm, lupus agnum, fœmiiia laudem,
Vulnus amat medicus, presbyter interitus.
On connoît aussi le Flor'etus qui est un recueil dedits moraux en vers léonins j mal à propos attribuéà S b Bernard, parce que les fleurs dont il est com-posé, semblent tirées des œuvres de ce saint. Il com-mence ainsi :
JVomine Flores incipit liber ad bona cœptoj .*
Sempcr erit liujus monumenta secu tus.
Il y en a une édition de Lyon, 1494 5 sur laquelleon a fait celles de Cologne , i 5 oi et i 52 o.
On appelle vers léonins consonnans et concordansceux où les hémistiches riment non-seuleinent en-tre eux dans chaque vers, mais dans deux ou plu-sieurs vers de suite, comme dans le poème de ceGodefroi d’Haguenau ( dont parle M. OBerlin, quien a cité une longue tirade ), sur la guerre deGuillaume duc de Normandie, contre Ilarald5 ellecommence ainsi ;
Pluribus est awtis Gwilhclmus nomine, bannir (1)
Dux in V, or ma n///v, cui non fuit ulla tyranzzir. -
Hic vir pacificnr erat et virtutis aroicnr,
Fama non modicnr, justus, pius atque pudicnr. Etc.'
Il y a des léonins qu’on peut appeler multipliés,parce que presque tous les mots du vers riment en-tre eux. En voici un cité par M. Oberlin (2).
(1) Partibus vel terris .
{2) M. Oberlin dit en notç : Kuic versui intelligendo auct&r