POÉTIQUE CURIEUSE. ( )Cf
Ï064. L’auteur qui me fournit cette note n’a pointcompris les deux II de cledisti au nombre des lettresnumérales, de sorte que la date est 1062. Il n’y estpas question du D, parce que cette lettre n’étoitpas alors reconnue numérale ; elle ne l’étoit pas en-core en i 465 , au temps de la bataille de Montlhéri,comme le prouve ce chronogramme français : àCAeVrtL, à C/teVflL, gendai'M.es, à C/teV«L; nimême en 1485 , ainsi qu’on le voit dans un autrechronogramme français. Ce n’est que depuis 1574,que l’on a appelé chronogramme celte manière dedater; et les premiers vers qui ont porté ce nomont été faits pour l’élection d’Etienne, roi de Po-logne. Avant ce temps, on les appeloit vers numé-raux, ou numérales.
Tabourot, dont nous avons déjà parlé, a faitquelques recherches sur les chronogrammes. On lesa employés, dit-il, de deux manières : la premièreconsistoit à se servir simplement des lettres numé-rales, pour marquer l’année d’un événement, aprèsquoi chacun donnoit à ces lettres le sens qu’il vou-loit, comme dans ce milliaire M. CCCC. LX, posépar Léon X, sur une pierre d’attente, pour marquerl’année de son avènement au pontificat. Des malinsinterprètent ainsi ces lettres numérales :
MuRi Cardinales Cæci Crearunt CæcumLeonem Dccimum ( 1 ).
La seconde espèce de chronogramme est celle qui
( 1 ) Nous rapportons cct exemple tel que nous l’avons trouvédans Taliourot, qui s’est trompé; car Jean de Mcdicis est montésur le trône pontifical sous le nom de Léon X, le 5 mars i5i3.