28 amusemens philologiques.
André Pujom rêve que l’anagramme de son nomest pendu à Riom. Il passe par cette ville, y prendquerelle, tue son homme, et y est effectivementpendu. Cela n’est, pas très avéré.
Alexandre étoit prêt à lever le siège de Tyr: ilVoit en songe un satyre bondir autour de lui et par-vient à l’attraper. Il consulte ses devins qui trouventdans le mot sa turos, Tyr est à toi. Effectivementle lendemain la prédiction est accomplie.
Constantin, fils d’IIéraclius, prêt à livrer bataille,songea qu’il prenoit le chemin de Tliessalonique enMacédoine. Il raconte ce rêve à un de ses courti-sans , qui répète syllabe par syllabe thés allô nïken :laisse à un autre la victoire. Il ne tint aucun comptede cet avertissement, donna bataille et fut battu.
Le Père de S. Louis, religieux Carme, auteur duridicule poème de la Magdeleine, étoit l’un desplus grands faiseurs d’anagrammes. Il avoit ana-grammatisé les noms de tous les Papes, des Empe-reurs, des Rois de France, des Généraux de sonordre, et de presque tous les Saints. Il croyoit bon-nement que la destinée des hommes étoit marquéedans leurs noms. Il n’est pas le seul ; voyez le Tris-tram Shandy où Sterne plaisante dans son styleoriginal sur l’influence des noms. ( Œuvres deSterne, chapitre xxi intitulé : Prenez-y garde ! lecas est intéressant, tome i. er , édition de 1818, 5vol. in- 18. )