DE LA CONTEMPLATION DE LA NATURE. 3 77
sent tenir du prodige ; la maladie et sesfureurs sont comme une vie méchante quis’empare tout à coup de la vie paisible. Lesaffections du cœur nous font sentir la barbariede cette nature qu’on veut nous représentercomme si douce. Que de dangers menacentune tête chérie ! Sous combien de métamor-phoses la mort ne se déguise-t-elle pas autourde nous ! il n’y a pas un beau jour qui nepuisse recéler la foudre, pas une fleur dontles sucs ne puissent être empoisonnés, pas unsouffle de l’air qui ne puisse rapporter avec luiune contagion funeste, et la nature sembleune amante jalouse prête à percer le sein del’homme au moment même où il s’enivre deses dons.
Comment comprendre le but de tous cesphénomènes si l’on s’en tient à l’enchaînementordinaire de nos manières déjuger? Commentpeut-on considérer les animaux sans se plongerdans l’étonnement que fait naître leur mysté-rieuse existence ? Un poète les a nommésles rêves de la nature, dont l’homme est leréveil. Dans quel but ont-ils été créés ? Quesignifient ces regards qui semblent couvertsd’un nuage obscur, derrière lequel une idéevoudrait se faire jour ? Quels rapports ont-