350 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
difficile de s’arrêter ; et soit que la réflexionconduise au scepticisme, soit qu’elle mène àla foi la plus universelle, on est souvent tentéde passer des heures entières, comme lesfaquirs, à se demander ce que c’est que lavie. Loin de dédaigner ceux qui sont ainsidévorés par la contemplation, on ne peuts’empêcher de les considérer comme les véri-tables seigneurs de l’espèce humaine, auprèsdesquels ceux qui existent sans réfléchir nesont que des serfs attachés à la glèbe. Mais,comment peut-on se flatter de donner quelqueconsistance à ces pensées, qui, semblables auxéclairs, replongent dans les ténèbres aprèsavoir un moment jeté sur les objets d’incer-taines lueurs.
Il peut être intéressant, toutefois, d’indi-quer la direction principale des systèmes théo-sophes, c’est-à-dire, des philosophes religieux,qui n’ont cessé d’exister en Allemagne, depuisl’établissement du christianisme, et surtoutdepuis la renaissance des lettres. La plupartdes philosophes grecs ont fondé le système dumonde sur l’action des élémens ; et si l’on enexcepte Pythagore et Platon, qui tenoient del’orient leur tendance à l’idéalisme, les pen-seurs de l’antiquité expliquent tous l’organi-