316 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
Fénelon, Saint-François-de-Sales, etc. ; etchez les protestants un grand nombre d’écri-vains anglois et allemands ont été des mys-tiques, c’est-à-dire des hommes qui faisoientde la religion un amour, et la mêloieut àtoutes leurs pensées comme à toutes leursactions.
Le sentiment religieux, qui est la base detoute la doctrine des mystiques, consiste dansune paix intérieure pleine de vie. Les agita-tions des passions ne laissent point de calme :la tranquillité de la sécheresse et de la médi-oci'ité d’esprit tue la vie de l’aine ; il n’y a quedans le sentiment religieux qu’on trouve uneréunion parfaite du mouvement et du repos.Cette disposition n’est continuelle, je crois,dans aucun homme, quelque pieux qu’il puisseêtre; mais le souvenir et l’espérance de cessaintes émotions décident de la conduite deceux qui les ont éprouvées.
Si l’on considère les peines et les plaisirs dela vie comme l’effet du hasard ou du bien joué,alors le désespoir, et la joie doivent être,pour ainsi dire, des mouvements convulsifs.Car quel hasard que celui qui dispose de notreexistence ! quel orgueil ou quel regret nedoit-on pas éprouver, quand il s’agit d’une