302 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
midi de l’Allemagne * elle a donné aux Aile»xnands la funeste habitude de se combattreles uns les autres, et ces divisions leur ont ôtéle droit de s’appeler une nation. Enfin laréformation, en introduisant l’esprit d’exa-men, a rendu l’imagination aride, et mis ledoute à la place de la foi ; il faut donc, répè-tent ces mêmes hommes, revenir à l’unité del’église en retournant au catholicisme.—D’abord, si Charles-quint avoit adopté leluthéranisme, il y auroit eu de même unitédans l’Allemagne, et le pays entier seroitcomme la partie du nord, l’asile des scienceset des lettres. Peut-être que cet accord auroitdonné naissance à des institutions libres, com-binées avec une force réelle ; et peut-êtreauroit-on évité cette triste séparation du ca-ractère et des lumières qui a livré le nordà la rêverie et maintenu le midi dans son ig-norance. Mais sans se perdre en conjecturessur ce qui seroit arrivé, calcul toujours trèsincertain, on ne peut nier que l’époque de laréformation ne soit celle où les lettres et laphilosophie se sont introduites en Allemagne.Ce pays ne peut-être mis au premier rang nipour la guerre, ni pour les arts, ni pour laliberté politique: ce sont les lumières dont