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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
le peuple de Dieu, ces hommes qui ne déses-pèrent pas encore de la race humaine, etveulent lui conserver l’empire de la pensée.
Les Allemands méritent à cet égard unereconnoissance particulière ; c’est une honteparmi eux que l’ignorance et l’insouciance surtout ce qui tient à la littérature et aux beauxarts, et leur exemple prouve que, de nosjours, la culture de l’esprit conserve dans lesclasses indépendantes des sentiments et desprincip e.
La direction de la littérature et de la philo-sophie n’a pas été bonne en France dans ladernière partie du dix-huitième siècle ; maissi l’on peut s’exprimer ainsi, la direction del’ignorance est encore plus redoutable : caraucun livre ne fait du mal à celui qui les littous. Si les oisifs du monde, au contraire,s’occupent quelques instants, l’ouvrage qu’ilsrencontrent fait événement dans leur tête,comme l’arrivée d’un étranger dans un désert ;et lorsque cet ouvrage contient des sophismesdangereux, ils n’ont point d arguments à yopposer. La découverte de l’imprimerie estvraiment funeste pour ceux qui ne lisent qu’àdemi ou par hasard ; car le savoir, comme lalance d’Achille, doit guérir les blessures qu’ila faites.