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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
chagrins qui tiennent à l’instabilité de la vie,sont inséparables. L’existence consiste touteentière dans ces sentiments de confiance etd’anxiété qui remplissent l’ame errante entrele ciel et la terre, et le vivre n’a d’autre mo-bile que le mourir.
Une femme effrayée par les orages du midi,souhaitoit d’aller dans la zone glacée, où l’onn’entend jamais la foudre, où l’on ne voitjamais les éclairs :—nos plaintes sur le sortsont un peu du même genre, dit Engel.—Eneffet, il faut désenchanter la nature, pour enécarter les périls. Le charme du monde sem-ble tenir autant à la douleur qu’au plaisir, àl’effroi qu’à l’espérance ; et l’on diroit que ladestinée humaine est ordonnée comme undrame, où la terreur et la pitié sont néces-saires.
Ce n’est point, sans doute, assez de cespensées pour cicatriser les blessures du cœur;tout ce qu’il éprouve lui semble un renverse-ment de la nature, et nul n’a souffert sanscroire qu’un grand désordre existoit dansl’univers. Mais quand un long espace detemps a permis de réfléchir, on trouve quelquerepos dans les considérations générales, et