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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
fils, et le sourire du vieillard pendant qu’onraconte son malheur est décrit avec unevérité déchirante. L’homme qui n’a plus laconscience de lui-même, fait peur comme uncorps qui marcheroit sans vie. “ C’est un“ arbre, dit Engeî, dont les branches sont(t desséchées ; ses racines tiennent encore à“ la terre, mais déjà son sommet est atteint“ par la mort.” Un jeune homme à l’aspectde ce malheureux, demande à son père s’ilest ici bas une plus affreuse destinée quecelle de ce pauvre fou ? toutes les souffrancesqui tuent, toutes celles dont notre propreraison est le témoin, ne lui semblent rienà côté de cette déplorable ignorance de soi-même. Le père laisse son fils développertout ce que cette situation a d’horrible ; puis,tout à coup il lui demande si celle du criminelqui l’a causée, n’est pas encore mille fois plusredoutable ? La gradation des pensées esttrès bien soutenue dans ce récit, et le tableaudes angoisses de l’ame est assez éloquemmentreprésenté pour redoubler l’effroi que doitcauser la plus terrible de toutes, le remords.
J’ai cité ailleurs le passage de la Messiade,où le poète suppose que dans une planèteéloignée, dont les habitants étoient immortels,