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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

Il est si aisé dêtre bon pour ses enfants,quon ne doit pas en faire un gfand mérite.Dans leurs premières années, ils ne peuventavoir de volonté que celle de leurs parents :/et dès quils arrivent à la jeunesse, ils exist-ent par eux-mêmes. Justice et bonté com-posent les principaux devoirs dune relationque la nature rend si facile. Il nen estpoint ainsi des rapports avec cette moitié denous, qui peut trouver du bonheur ou dumalheur dans les moindres de nos actions,de nos regards et de nos pensées. Cestseulement que la moralité peut sexercer touteentièi'e : cest aussi quest la véritable sourcede la félicité.

Un ami du même âge, auprès duquel vousdevez vivre et mourir ; un ami dont tous lesintérêts sont les vôtres, dont toutes les per-spectives sont en commun avec vous, y com-pris celle de la tombe : voilà le sentiment quicontient tout le sort. Quelquefois, il est vrai,vos enfants, et plus souvent encore vos pa-rents, deviennent vos compagnons dans lavie ; mais cette rare et sublime jouissance estcombattue par les lois delà nature, tandis quelassociation du mariage est daccord avectoute lexistence humaine.