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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
Il est si aisé d’être bon pour ses enfants,qu’on ne doit pas en faire un gfand mérite.Dans leurs premières années, ils ne peuventavoir de volonté que celle de leurs parents :/et dès qu’ils arrivent à la jeunesse, ils exist-ent par eux-mêmes. Justice et bonté com-posent les principaux devoirs d’une relationque la nature rend si facile. Il n’en estpoint ainsi des rapports avec cette moitié denous, qui peut trouver du bonheur ou dumalheur dans les moindres de nos actions,de nos regards et de nos pensées. C’est làseulement que la moralité peut s’exercer touteentièi'e : c’est aussi là qu’est la véritable sourcede la félicité.
Un ami du même âge, auprès duquel vousdevez vivre et mourir ; un ami dont tous lesintérêts sont les vôtres, dont toutes les per-spectives sont en commun avec vous, y com-pris celle de la tombe : voilà le sentiment quicontient tout le sort. Quelquefois, il est vrai,vos enfants, et plus souvent encore vos pa-rents, deviennent vos compagnons dans lavie ; mais cette rare et sublime jouissance estcombattue par les lois delà nature, tandis quel’association du mariage est d’accord avectoute l’existence humaine.