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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

sans quil puisse jamais exister entre eux etnous aucune sympathie. En Allemagne,lon veut réduire en préceptes toutes les im_pressions, on a considéré comme immoral cequi nétoit pas sensible et même romanesque.Werther avoit tellement mis en vogue lessentiments exaltés, que presque personne neûtosé se montrer sec et froid, quand même onauroit eu ce caractère naturellement. De cet enthousiasme obligé pour la lune, lesforêts, la campagne et la solitude ; de cesmaux de nerfs, ces sons de voix maniérés,ces regards qui veulent être vus, tout cet appa-reil enfin de la sensibilité, que dédaignen lesâmes fortes et sincères.

Lauteur de Werther sest moqué le premierde ces affectations ; néanmoins, comme il fautquil y ait en tout pays des ridicules, peut-être vaut-il mieux quils consistent dans lexa-gération un peu niaise de ce qui est bon, quedans lélégante prétention à ce qui est mal.Le désir du succès étant invincible dans leshommes, et encore .plus dans les femmes, lesprétentions de la médiocrité sont un signecertain du goût dominant à telle époque etdans telle société ; les mêmes personnes qui sefaisoient sentimentales en Allemagne, se se-