PRINCIPE DE LA MORALE, ETC.
207
rieurs. Si la pitié ne causoit pas des émotionssublimes, qui sacrilieroit même des plaisirs,quelque vulgaires qu’ils fussent, à la froidedignité de la raison ? il faut commencer l’his-toire intime de l’homme par la religion ou parla sensation, car il n’y a de vivant que l’uneou l’autre. La morale fondée sur l’intérêtpersonnel serait aussi évidente qu’une véritémathématique, qu’elle n’en exercerait pas plusd’empire sur les passions qui foulent aux piedstous les calculs ; il n’y a qu’un sentiment quipuisse triompher d’un sentiment, la natureviolente ne saurait être dominée que par lanature exaltée. Le raisonnement, dans depareils cas, ressemble au maître d’école de LaFontaine, personne ne l’écoute, et tout lemonde cric au secours.
Jacobi, comme je le montrerai dans l’ana-lyse de ses ouvrages, a combattu les argu-ments dont Kant se sert pour ne pas admettrele sentiment religieux comme base de lamorale. Il croit au contraire que la divinitése révèle à chaque homme en particuliercomme elle s’est révélée au genre humain,lorsque les prières et les œuvres ont préparé lecœur à. la comprendre. Un autre philosopheaffirme que l’immortalité commence déjà sur