DU PRINCIPE DE LA MORALE, ETC.
201
nature, elle n’admet pas plus de doute surl’une que sur l’autre.
Toute estime pour soi-même et pour lesautres doit être fondée sur les rapports quiexistent entre les actions et la loi du devoir ;cette loi ne tient en l'ien au besoin du bon-heur ; au contraire, elle est souvent appeléeà le combattre. Kant va plus loin encore, ilaffirme que le premier effet du pouvoir de la-vertu est de causer une noble peine par lessacrifices qu’elle exige.
La destination de l’homme sur cette terren’est pas le bonheur, mais le perfectionne-ment. C’est en vain que par un jeu puérileon diroit que le perfectionnement est le bon-heur ; nous sentons clairement la différencequi existe entre les jouissances' et les sacri-fices ; et si le langage vouloit adopter les mê-mes termes pour des idées si peu semblables, lejugement naturel ne s’y laisseroit pas tromper.
On a beaucoup dit que la nature humainetendoit au bonheur ; c’est là son instinct in-volontaire ; mais son instinct réfléchi, c’estla vertu. En donnant à l’homme très peud’influence sur son propre bonheur: et desmoyens sans nombre de se perfectionner, l’in-tention du créateur n’a pas été sans doute