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3 (1813)
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180 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

Ce nest pas sans motifs, cependant, quonmet tant dimportance à fonder la morale surlintérêt personnel : on a lair de ne soutenirquune théorie, et cest en résultat une com-binaison très ingénieuse pour établir le jougde tous les genres dautorité. Nul homme,quelque dépravé quil soit, ne dira quil nefaut pas de morale ; car celui même qui seroitle plus décidé à en manquer voudroit encoreavoir affaire à des dupes qui la conservassent.Mais quelle adresse davoir donné pour base àla morale la prudence ! quel accès ouvert àlascendant du pouvoir, aux transactions dela conscience, à tous les mobiles conseils desévènements !

Si le calcul doit présider à tout, les actionsdes hommes seront jugées daprès le succès ;lhomme dont les bons sentiments ont causéle malheur sera justement blâmé; lhommepervers mais habile sera justement applaudi.Enfin les individus ne se considérant entre euxque comme des obstacles ou des instruments,ils se haïront comme obstacles, et ne sesti-meront plus que comme moyens. Le crimemême a plus de grandeur, quand il tient audésordre des passions enflammées, que lors-quil a pour objet lintérêt personnel ; com-ment donc pourroit-on donner pour principe