165 LA MI1L0S0FHIE ET LA MORALE.
qu’on les croit les défenseurs spéculatifs lesplus éclairés de la dignité humaine.
La sagacité de l’esprit philosophique leur aseulement appris à connoître en toutes cir-constances la cause et les conséquences de cequi arrive, et il leur semble que, dès qu’ils onttrouvé une théorie pour un fait, il est justifié.L’esprit militaire et l’amour de la patrie ontporté diverses nations au plus haut degré pos-sible d’énergie ; maintenant ces deux sourcesde dévouement existent à peine chez les Alle-mands pris en masse. Ils ne comprennentguère de l’esprit militaire qu’une tactique pé-dantesque qui les autorise à être battus selonles règles, et de la liberté que cette subdivisionen petits pays qui, accoutumant les citoyens àse sentir foibles comme nation, les conduitbientôt à se montrer foibles aussi comme in-dividus. Le respect pour les formes est trèsfavorable au maintien des lois ; mais ce res-pect, tel qu’il existe en Allemagne, donnel’habitude d’une marche si ponctuelle et siprécise, qu’on ne sait pas même, quand le butest devant soi, s’ouvrir une route nouvellepour y arriver.
Les spéculations philosophiques ne convien-nent qu’à un petit nombre de penseurs, et loin