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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
C’est une belle conception que celle quitend à trouver la ressemblance des lois del’entendement humain avec celles de la nature,et considère le monde physique comme lerelief du monde moral. Si le même génieétoit capable de composer l’Iliade et de sculp-ter comme Phidias, le Jupiter du sculpteurressembleroit au Jupiter du poëte ; pourquoidonc l’intelligence suprême, qui a formé lanature et Pâme, n’auroit-elle pas fait de l’unel’emblème de l’autre ? Ce n’est point un vainjeu de l’imagination que ces métaphores con-tinuelles, qui servent à comparer nos senti-ments avec les phénomènes extérieurs, latristesse, avec le ciel couvert de nuages, lecalme, avec les rayons argentés de la lune, lacolère, avec les flots agités par les vents; c’estla même pensée du créateur qui se traduit dansdeux langages différents, et l’un peut servird’interprète à l’autre. Presque tous les axi-omes de physique correspondent à des maximesde morale. Cette espèce de marche parallèlequ’on aperçoit entre le monde et l’intelligenceest l’indice d’un grand mystère, et tous lesesprits en seroient frappés, si l’on parvenoit àen tirer des découvertes positives ; mais toute-