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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE;
vérités scientifiques, qu’on accordoit plusd’importance aux objets extérieurs ; cependantla patrie de Keppîer et de Leibnitz n’est pasà dédaigner pour la science. Les principalesdécouvertes modernes, la poudre, l’impri-merie, ont été faites par les Allemands, etnéanmoins la tendance des esprits, en Alle-magne, a toujours été vers l’idéalisme,
Bacon a comparé la philosophie spéculativeà l’alouette qui s’élève jusqu’aux deux et re^descend sans rien rapporter de sa course, etla philosophie expérimentale, au faucon quis’élève aussi haut, niais revient avec saproie.
Peut-être que de nos jours Bacon eût sentiles inconvénients de la philosophie purementexpérimentale; elle a travesti la pensée en sen-sation, la morale en intérêt personnel, et lanature en mécanisme, car elle tendoit à ra-baisser toutes choses. Les Allemands ontcombattu son influence dans les sciences phy-siques comme dans un ordre plus relevé, ettout en soumettant la nature à l’observation, ilsconsidèrent ses phénomènes en général d’unemanière vaste ei animée ; c’est toujoui’s uneprésomption en faveur d’une opinion que son