DES PHILOSOPHES ALLEMANDS.
123
peurs et de superstitions qui tenoient aumanque de connoissances ; mais quand, avecles lumières de notre temps et d’immensestravaux individuels, on énonce des opinionshors du cercle des expériences communes,il faut s’en réjouir pour l’espèce humaine, carson trésor actuel est assez pauvre, du moinssi l’on en juge par l’usage qu’elle en fait.
En lisant le compte que je viens de rendredes idées principales de quelques philosophesAllemands, d’une part, leurs partisans trouve-ront avec raison que j’ai indiqué bien super-ficiellement des recherches très importantes,et de l’autre, les gens du monde se demande-ront à quoi sert tout cela ? mais à quoi ser-vent l’Apollon du Belvedère, les tableaux deRaphaël, les tragédies de Racine ? à quoisert tout ce qui est beau, si ce n’est à Famé ?Il en est de même de la philosophie, elle estla beauté de la pensée, elle atteste la dignitéde l’homme qui peut s’occuper de l’éternel etde l’invisible, quoique tout ce qu’il y a degrossier dans sa nature l’en éloigne.
Je pourrois encore citer beaucoup d’autresnoms justement honorés dans la carrière dela philosophie ; mais il me semble que cette