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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
sions littéraires passées, présentes et futures.Enfin, dans la métaphysique surtout, Ton adécidé que depuis Condillac on ne peut faireun pas de plus sans s’égarer. Les progrèssont encore permis aux sciences physiques,parcequ’on ne peut les leur nier ; mais dansla carrière philosophique et littéraire, onvoudroit obliger l’esprit humain à courir sanscesse la bague de la vanité autour du mêmecercle.
Ce n’est point simplifier le système de l’uni-vers que de s’en tenir à cette philosophie ex-périmentale, qui présente un genre d’évidencefaux dans le principe, quoique spécieux dansla forme. En considérant comme non existanttout ce qui dépasse les lumières des sensa-tions, on peut mettre aisément beaucoup declarté dans un système dont on trace soi-mêmeles limites ; c’est un travail qui dépend decelui qui le fait. Mais tout ce qui est au-delàde ces limites en existe-t-il moins parcequ’onle compte pour rien ? L’incomplète vérité dela philosophie spéculative approche bien plusde l’essence même des choses que cette luci-dité apparente qui tient à l’art d’écarter lesdifficultés d’un certain ordre. Quand onlit dans les ouvrages philosophiques du dernier