DE LA PHILOSOPHIE ANGLOISE.
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manquoit à son caractère : il n’étoit pas assezvertueux pour sentir en entier ce que c’estque la liberté morale de l’homme ; cepen- 'liant on ne peut le comparer aux matéria-listes du dernier siècle, et ses successeurs ontpoussé la théorie de l’expérience bien au-delàde son intention. Il est loin, je le répète,d’attribuer toutes nos idées à nos sensations,et de considérer l’analyse comme le seulinstrument des découvertes. Il suit souventune marche plus hardie, et s’il s’en tient à lalogique expérimentale pour écarter tous lespréjugés qui encornèrent sa route, c’est àl’élan seul du génie qu’il se fie pour marcheren avant.
“ L’esprit humain, dit Luther, est com-“ me un paysan ivre à cheval, quand on“ le relève d’un côté il retombe de l’autre.”
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Ainsi l’homme a flotté sans cesse entre sesdeux natures, tantôt ses pensées le déga-geoient de ses sensations ; tantôt ses sen-sations absorbaient ses pensées, et succes-sivement il voulait tout rapporter aux unesou aux autres : il me semble néanmoins quele moment d’une doctrine stable est arrivé :la métaphysique doit subir une révolutionsemblable à celle qu’a faîte Copernic dans le