DE LA PHILOSOPHIE.
philosophies ; car tout ce qui tend à l’immo-ralité n’est jamais qu’un sophisme. Cette vien’a quelque prix que si elle sert à l’éducationreligieuse de notre cœur, que si elle nousprépare a une destinée plus haute, par lechoix libre de la vertu sur la terre. La mé-taphysique, les institutions sociales, les arts,les sciences, tout doit être apprécié d’après leperfectionnement moral de l’homme ; c’est lapierre de touche qui est donnée à l’ignorantcomme au savant. Car, si la connoissancedes moyens n’appartient qu’aux initiés, lesrésultats sont à la portée de tout le monde.
Il faut avoir l’habitude de la méthode deraisonnement dont on se sert en géométrie,pour bien comprendre la métaphysique. Danscette science/ comme dans celle du calcul, lemoindre chaînon sauté détruit toute la liaisonqui conduit à l’évidence. Les raisonnementsmétaphysiques sont plus abstraits et non moinsprécis que ceux des mathématiques, et cepen-dant leur objet est vague. L’on a besoin deréunir en métaphysique les deux facultés lesplus opposées, l’imagination et le calcul : c’estun nuage qu’il faut mesurer avec la même ex-actitude qu’un terrain, et nulle étude n’exigeune aussi grande intensité d’attention ; néan-
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