des Financer df. la France. 219
trilles penfées , en parcourant ces nombreuxrégiftres de morts & de nailfances , & enmefurant le petit efpace qui fépare ces deuxtermes de la vie. Et quand on voit un quartde la génération périr avant trois ans , unautre avant vingt-cinq, un troifieme avantcinquante, & le relie fe difftper en peu detems , on croit être fpe&ateur d’un naufrage;& l’on elt tantôt épouvanté de la fragilitéde la vie, & tantôt étonné des vaftes projetsque l’efprit humain fait unir à cette courtedurée. Que l’adminiltration elt grande, &peut s’enorgueillir, lorfqu’elle réfléchit furtous les moyens qui lui font remis , pourféconder l’un des plus beaux defleins dontnous ayons connoilfance , la multiplicationdes hommes fur la terre, l’accroilferiient deleur bonheur, & la perfection de leurs lu-mières. Mais auffi , que cette adminiltration■elt petite & digne de mépris, lorfqu’avec unepareille carrière au - devant d’elle , on ne lavoit s’agiter que pour des prérogatives oudes prétentions ! lorfqu’elle elt plus jaloufe